top of page
  • nawelrc

Le stérilet hormonal et syndrome dépressif : une question de dosage ?

La contraception est un sujet important pour de nombreuses femmes et couples. Il existe de nombreuses options de contraception, chacune ayant ses avantages et inconvénients. Les méthodes de contraception peuvent être classées en deux grandes catégories : les méthodes hormonales et les méthodes non hormonales.

Les méthodes hormonales, comme la pilule contraceptive, les implants, les patchs et les injections, contiennent des hormones qui empêchent la libération de l'ovule et modifient l'environnement utérin pour empêcher la grossesse.

Les méthodes non hormonales comprennent des méthodes barrières comme le préservatif, le diaphragme, le capuchon cervical, ainsi que le stérilet ou dispositif intra-utérin (DIU) qui peut être soit hormonal soit non hormonal.



Le stérilet au lévonorgestrel (LNG) est l'un des types de DIU hormonaux les plus couramment utilisés. Il se présente sous forme de petit objet en forme de T qui est inséré dans l’utérus par un médecin ou sage-femme. Il libère une petite quantité de progestatif (lévonorgestrel) dans l'utérus, ce qui empêche la fécondation en modifiant la muqueuse utérine et la glaire cervicale.


Comme pour toutes les contraceptions hormonales, l'utilisation d'un DIU au LNG peut être associée à des effets secondaires indésirables. Des études ont montré des associations entre l'utilisation des DIU à 52 mg de LNG avec la dépression, les troubles du sommeil ou l'utilisation d'anxiolytiques. C'est dans ce contexte que l'étude clinique menée par EPI-PHARE (ANSM/CNAM) et le département de Gynécologie de l’hôpital Kremlin Bicêtre à Paris. a été mise en place.


L'objectif de cette étude était d'évaluer si les risques de dépression ou de troubles de l'humeur liés à l'utilisation d'un DIU au LNG dépendent du dosage en lévonorgestrel. Pour cela, les chercheurs ont étudié la consommation de psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques et hypnotiques) dans les deux ans suivant la pose du DIU, dosé soit à 52 mg, soit à 19,5 mg de lévonorgestrel.


Pour cette étude de cohorte appariée, les bases du Système National des Données de Santé (SNDS) ont été utilisés. Les chercheurs ont identifié des femmes âgées de 13 à 40 ans, sans utilisation préalable d'un DIU hormonal et sans utilisation antérieure de psychotropes, qui ont reçu un DIU-LNG de 52 mg en 2019 et un groupe témoin qui a reçu un DIU-LNG de 19,5 mg. Au total, 45 736 femmes ayant reçu un DIU-LNG 52 mg et 45 736 femmes ayant reçu un DIU-LNG 19,5 mg ont été appariées.


Les résultats de l'étude, publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), ont montré que les femmes porteuses d'un DIU-LNG avec un dosage plus élevé en lévonorgestrel (52 mg) ont un risque légèrement augmenté d'utilisation d'antidépresseurs dans les deux années suivant la pose du DIU par rapport à un DIU moins dosé

Bien que ces différences de pourcentages absolus soient faibles, elles peuvent avoir des implications importantes à l'échelle populationnelle. De ce fait, des études complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les liens entre l'utilisation du DIU-LNG et la santé mentale, ainsi que pour élucider les mécanismes sous-jacents à ces associations. En attendant, les femmes qui envisagent l'utilisation d'un DIU-LNG devraient discuter avec leur médecin des avantages et des risques potentiels de chaque option contraceptive disponible.


Sources :

Comments


bottom of page